ArtAfrica

Masque Fang 135

Masque Fang en bois tendre et léger. Patine intéressante de kaolin et pigments brun. Très belle expression. On notera les deux trous plus gros sur les côtés pour fixer le masque au visage du danseur. Oreille gauche manquante, cassure ancienne. artAfrica, arts africains artisanat et arts premiers d'Afrique à Pézenas.

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RF135


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Ce type de masque était utilisé par la société masculine Ngil qui n'existe plus de nos jours. Cette société secrète était chargée des initiations et elle luttait contre la sorcellerie. Le Ngil est un rite du feu purificateur symbolisé par le gorille. Les porteurs de ces masques faisaient leur apparition la nuit dans les villages, éclairés par des torches, et étaient toujours en grand nombre. La face est couverte de kaolin (la couleur blanche évoque le pouvoir des ancêtres). Ce type de masque blanc incarne donc l'esprit d'un défunt. Il avait aussi une fonction judiciaire et désignait les coupables des mauvaises actions au sein du village : cela donnait ensuite lieu à des meurtres rituels. Les autorités coloniales françaises interdirent ce type de masque vers 1910. Les fentes des yeux sont à peine marquées et sont peu ouvertes. La voix du porteur du masque ne devait pas être identifiée ; le fait qu'il n'y ait pas de percée pour la bouche contribue à déformer la voix de celui qui danse le masque. Le ngil était selon l'ethnologue Philippe Laburthe-Tolra, la forme locale de l'inquisition, avec ses menaces et ses atrocités pour arracher des aveux par des tortures cruelles, dans un cadre terrifiant, à tous les malheureux suspects de sorcellerie. Si le ngil, auquel ont été attribués tous les masques fang au visage blanc étiré, est mentionné par différents auteurs avant sa disparition vers 1910, aucun n'évoque très clairement les grands masques, qui n'ont en fait jamais été vus in situ par les occidentaux. Comparés aux figures de reliquaire du biéri, les grands masques blancs sont très peu nombreux. En dépit du manque d'informations ethnographiques, il est possible de commenter deux aspects singuliers des grands masques passés au kaolin. L'un tient à leur blancheur, l'autre au visage très étiré. Le blanc étant la couleur du deuil et de la mort chez les Fang et les populations de cette région, ce trait peut être rapproché de la fonction inquisitoriale du ngil, qui non seulement traquait et torturait ceux qu'il soupçonnait de sorcellerie, mais pouvait également les exécuter. De plus, lorsque le responsable du Ngil opérait, il s'enduisait le corps de kaolin. Le visage longiligne peut être opposé à celui des figures de reliquaire. Ces dernières ont souvent une tête ronde qui évoque celle d'un petit enfant.

  • Hauteur 52,5 cm
  • Largeur 21,5 cm
  • Profondeur 23 cm

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